Les camps de tentes "abritent" des milliers d'enfants, de femmes, d'hommes et de vieillards, qui sont devenus sans abris depuis le séisme du 12 janvier 2010.
Il fait une chaleur étouffante dehors avec un taux d'humidité tel que la température ressentie est de 10 degrés supérieure à celle indiquée sur le thermomètre...
Imaginez-vous des étendues de terre battue avec des cailloux, l'absence totale d'arbres ou de buissons. Des milliers de tentes collées les unes aux autres.
C'était une réponse adéquate à l'urgence du séisme... mais depuis 5 mois et demi, toutes ces familles ont perdu toute dignité humaine, ils vivent sans eau, sans électricité, sans douche, sans toilettes, sans service de voirie.
Les abords des camps sont jonchés de tas d'ordure pourrissantes desquels suintent un jus noirâtre et nauséabond, et dans lesquels fouillent inlassablement des enfants et des femmes à la recherche de quelques morceaux de ferraille à revendre; des cochons aussi fouillent ces ordures pour se nourrir et parfois des chèvres, mais aussi des chiens et des rats gros comme des petits chats... Quand les tas d'ordure deviennent trop grands, ou quand le besoin s'en fait ressentir par exemple pour cuire de l'eau ou des aliments, les "habitants" des camps y mettent le feu .. une fumée noire et âcre, qui vous brûle la gorge et qui vous pique les yeux s'élève et se répand alentours...
Dans le camp, il y a des latrines installées par les logisticiens des différentes ONG. Il faut vous imaginer 4 ou 5 cabanons en toile de tente sur des grosses citernes noires. Les gens doivent s'accroupir au dessus d'un trou et tout s'accumule dans ces citernes... quand on doit pratiquer la vidange des citernes, on trouve de tout, et parfois au milieu des déchets et des excréments, des restes humains.
Etant donné qu'il n'y a plus aucune administration, il n'y a aucune sécurité. Les viols des jeunes femmes ou mêmes des jeunes filles (parfois de 4 ans) sont fréquents dans ces camps. MSF a dû organiser des cours de sensibilisation pour les filles, les garçons en âge scolaire, afin de les rendre attentif à tout ce qui pourrait aboutir à une forme de violence sexuelle dans ces lieux de promiscuité où plus aucune intimité ni aucune pudeur n'est possible: il n'y a pas d'autre choix que de se laver dehors devant sa tente avec une bassine d'eau, nu au bord de la route, et devant tout le monde...
La violence et l'insécurité sont omniprésentes dans ces lieux de regroupement où s'épuisent des milliers d'âmes.
C'est le lieu de résidence de milliers d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards depuis presque 6 mois, et aucune reconstruction n'a encore commencé...
Hôpital Choscal Cité-Soleil
Un des 5 projets MSF sur Port au Prince géré par MSF Belgique (il y a des projets MSF France, MSF Suisse, MSF Hollande, MSF Espagne)
Salle d'Opération - Choscal - Cité Soleil
A droite notre chirurgien russe, Yaroslav, et à gauche une infirmière qui l'assiste, mais elle n'a pas la formation technique pour l'instrumenter. Sur cette prise de vue tout à l'air assez standard et "propre", ce qui est très rassurant, mais la vue d'ensemble est nettement moins rassurante et bien plus déroutante.
lundi 28 juin 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Maisons détruites
La Cathédrale de Port au Prince en ruines
Cité Soleil, le bidon-ville maudit
un des abords de Cité-Soleil, vu depuis une des seule route "carrossable". Tout le reste est un dédale et un labyrinthe de "ruelles" très étroites dans lesquelles il n'est pas possible de circuler en voiture, et circuler à pied pour un blanc, correspond à un suicide... il y a 99 % de se faire agresser, dévaliser, kidnapper ou tuer. Même en pleine journée. Il s'agit d'une zone "noire" c'est à dire, accès interdit et danger maximum. Même l'armée des casques bleus ne s'y aventure pas... cette photo a été prise aux alentours de l'hôpital de Choscal.
Haïti juin 2010
un camp de tentes (pas d'ombre, pas d'eau, pas de douches, pas de toilettes, pas d'électricité): les tentes se déchirent à cause du soleil et du vent, et les brèches sont "colmatées" avec des bâches en plastique. Température la journée: entre 30 et 40 degrés. Une famille par tente.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire