L'instabilité politique qui a affecté le pays depuis toujours, mais aussi les désastres naturels qui le frappent régulièrement (cyclones et inondations), font d’Haïti un pays au bord du développement. Avec 76% de la population vivant en dessous de la ligne de pauvreté et 56% en dessous de la ligne de pauvreté extrême, Haïti est aujourd’hui le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental ; les 2% les plus riches du pays touchent 26% du revenu global alors qu’environ 2 millions de personnes - 21% de la population totale - vivent en situation d’insécurité alimentaire. L’indice de risque de catastrophes naturelles est parmi le plus élevé au monde [PNUD, 2004] ; la répétition des impacts et la dégradation de l’environnement font que même un événement naturel qui n’est pas majeur peut causer des dégâts importants.
L’éducation est presque entièrement assurée par des acteurs non étatiques - souvent pas reconnus - et privés. Le taux d’analphabétisme approche les 39%.
Le pays présente une croissance démographique annuelle de 2,4% (2009). L'espérance de vie à la naissance est de 61,3 ans ; cette valeur, qui a chuté de 3 ans au cours des 5 dernières années, représente le minimum parmi les pays des Amériques. Le taux de fertilité est de 3,5%, parmi les plus élevés dans les Amériques selon les rapports de l’OMS-OPS de 2008. La structure de la population est principalement jeune, avec 46% de moins de 18 ans et 3,9% plus de 65 ans. D’une part poussée par le manque d’investissements et de développements du gouvernement dans les zones rurales, de l’autre attirée par la possibilité de trouver plus facilement un travail - ce qui reste de fait un mirage – la population continue à migrer vers les villes ; chaque année 75.000 personnes abandonnent la zone rurale pour alimenter les bidonvilles de la capitale, où déjà vivent 25% de la population totale du pays, dans des conditions très pénibles.
Les difficultés pour trouver du travail persistent : le taux de chômage est estimé à environ 30%, principalement en capitale et parmi les jeunes entre 15 et 24 ans. Plus de la moitié des travailleurs sont occupés dans le secteur agricole, dont l’apport au PIB est très limité (25%). 85% de la force de travail qualifiée d’origine haïtienne vit à l’étranger (principalement Etats-Unis et Canada), où elle a été forcée de se réfugier vis-à-vis des difficiles conditions de vie dans le pays. Beaucoup d'Haïtiens qui n’ont pas les moyens de prendre la route maritime vers les pays du nord, partent travailler dans les champs de canne à sucre en République Dominicaine, où ils sont soumis à un régime de travail esclavagiste et vivent dans des conditions misérables sans accès aux soins.
Les transferts financiers de la diaspora (1,8 milliards de dollars en 2008) représentent 35% du Produit Intérieur Brut et le double du budget national. 1,1 millions d’Haïtiens dépendent de ces transferts pour couvrir leurs dépenses basiques. Jusqu’à aujourd’hui, malgré la récente crise financière, le montant des transferts a continué à monter, mais il reste toujours un élément lié à des variables conjoncturelles.
À peine 40% du budget 2009-2010 de Haïti provient des recettes de l’État, alors que tout le reste arrive des dons et prêts de l’extérieur. La proportion des ces derniers, en particulier, continue de changer : si il y a trois ans les dons représentaient 42% du budget national et les emprunts 23%, aujourd’hui les premiers s’élèvent à 47% et les seconds descendent à 12%. Le récent allégement de la dette haïtienne de 1,2 milliards de dollars, acclamé par le gouvernement comme un succès, ne fait que confirmer la totale faillite de l’État en termes économiques.
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