Nous travaillons dans un contexte de guerre… pas au sens habituel, mais dans les faits.
La ville de Port-au-Prince est composée de très nombreux quartiers de bidons-ville où s’entassent des centaines de milliers d’habitants parmi les plus pauvres de la planète. Malgré le dénuemement le plus total dans lequel ils vivent, ils sont « martyrisés » par des gangs qui se font la guerre pour augmenter leurs « territoires » d’influence, qui rackettent la population, qui braquent, tuent, volent, violent même les enfants… Cette situation existait avant le tremblement de terre qui n’a fait qu’en remettre une couche supplémentaire.
Actuellement, nous assistons à des combats entre gangs, des combats entre anciens chefs de gangs échappés de prison et nouveaux chefs de gangs.
La MINUSTAH composée principalement de casques bleus sud americains, a la lourde tâche de protéger une population qui leur est hostile, et de « faire le ménage » avec pour objectif louable de débarasser Port au Prince de ces gangs et rétablir l’ordre et la Paix publique. Pour ce faire, la Minustah emploie des moyens militaires (tanks, armes à feu , militaires) et font entre 1 et 5 interventions par jours dans différents quartiers, à l’improviste, pour rattraper des fugitifs.
Notre lieu de travail, l’hôpital de Choscal, se trouve au beau milieu de « Cité Soleil », le bidon ville le plus « chaud » de Port au Prince.
Nous nous trouvons donc dans une zone en guerre où règne une certaine insécurité.
Il existe un risque d’enlèvement (nous avons reçu tout une préparation pour savoir que faire et comment agir au cas où), il existe des risques de braquage, et la police haïtienne est lourdement corrompue et non fiable, voire dangereuse parce que acoquinée avec des chefs de gangs qu’ils protègent…
MSF a un excellent staff de sécurité et les consignes sont trè strictes.
Nous sommes en communication constante par radio, nos déplacements se font toujours en voiture, par convois de plusieurs véhicules, à des heures et sur des trajets décidés à la dernière minute.
Couvre-feu de 21°° à 7°° du matin. Dès la tombée du jour les déplacement sont très limités.
Il y a des zones de la ville qui sont interdites à toute circulation en permanence (zones noires).
MSF travaille dans cet hôpital depuis 2006 et est trè bien perçu et respecté par la population aussi bien que par les gangs, respecté par la MINUSTAH.
L’enceinte de l’hôpital est sûre et depuis 2006 aucune personne armée n’est entrée dans ce bâtiment.
Notre objectif : offrir des soins gratuits de la meilleure qualité possible à toute la population des bidons ville, population pauvre, afaiblie par des années de conflits, la malnutrition, le manque d’hygiène et l’absence totale d’accès aux soins, rester neutre, et soigner toute personne, quelle qu’elle soit : militaire, civile, appartenant ou non à un gang…
Et cela fonctionne.
J’ai ma propre radio, j’ai été formé pour l’utiliser, elle ne me quitte plus, et je dois la garder (discrètement sur moi) allumée lors de tous mes déplacements, avec une batterie chargée de réserve.
Chaque déplacement doit être autorisé, discuté et accordé par un staff sur spécialisé dans la sécurité et qui est informée en temps réel de toute situation dans la ville.
Pour des raisons de sécurité, il m’est interdit de faire des photographies…
Je peux vous assurer que les photographies que je vous ai mises n’ont rien, mais alors rien du tout, à voir avec la réalité. Elles proviennent de ce que l’on peut trouver sur internet.
Hôpital Choscal Cité-Soleil
Un des 5 projets MSF sur Port au Prince géré par MSF Belgique (il y a des projets MSF France, MSF Suisse, MSF Hollande, MSF Espagne)
Salle d'Opération - Choscal - Cité Soleil
A droite notre chirurgien russe, Yaroslav, et à gauche une infirmière qui l'assiste, mais elle n'a pas la formation technique pour l'instrumenter. Sur cette prise de vue tout à l'air assez standard et "propre", ce qui est très rassurant, mais la vue d'ensemble est nettement moins rassurante et bien plus déroutante.
dimanche 6 juin 2010
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Maisons détruites
La Cathédrale de Port au Prince en ruines
Cité Soleil, le bidon-ville maudit
un des abords de Cité-Soleil, vu depuis une des seule route "carrossable". Tout le reste est un dédale et un labyrinthe de "ruelles" très étroites dans lesquelles il n'est pas possible de circuler en voiture, et circuler à pied pour un blanc, correspond à un suicide... il y a 99 % de se faire agresser, dévaliser, kidnapper ou tuer. Même en pleine journée. Il s'agit d'une zone "noire" c'est à dire, accès interdit et danger maximum. Même l'armée des casques bleus ne s'y aventure pas... cette photo a été prise aux alentours de l'hôpital de Choscal.
Haïti juin 2010
un camp de tentes (pas d'ombre, pas d'eau, pas de douches, pas de toilettes, pas d'électricité): les tentes se déchirent à cause du soleil et du vent, et les brèches sont "colmatées" avec des bâches en plastique. Température la journée: entre 30 et 40 degrés. Une famille par tente.
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